En Haïti, des journalistes survivent avec 500 gourdes par jour : des voix publiques condamnées à la précarité
Derrière les micros des radios, des reporters survivent avec des salaires qui ne couvrent même pas leurs besoins essentiels

En Haïti, de nombreux journalistes reporters travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Malgré les risques, les longues heures de travail et leur rôle essentiel dans la société, plusieurs employés de médias perçoivent des salaires dérisoires. Pendant ce temps, le gouvernement annonce un ajustement du salaire minimum à 1 000 gourdes pour les ouvriers du segment F.
En Haïti, la vie de reporter dans une radio est souvent une vie de misère, mais beaucoup doivent donner l’impression de bien vivre pour maintenir leur image sociale. Avec un salaire mensuel d’environ 15 mille gourdes, certains journalistes survivent avec à peine 500 gourdes par jour, dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter. Pourtant, ils continuent d’exercer leur métier avec courage, malgré la précarité, l’insécurité et l’incertitude permanente.
Un ancien reporter dans un radio ayant quitté Haïti en 2025 dans un interview par telephone, affirme que la réalité salariale dans les médias est très différente de ce qui est souvent annoncé. Selon lui : « depi mwen konnen m reporter, m pa janm touche 15 000 gourdes, dènye salè m nan radio se 13 500 gourdes », soulignant ainsi son expérience dans le secteur.
De son côté, un journaliste-présentateur contacté a accepté de témoigner sous anonymat. Il explique travailler par passion malgré des conditions difficiles : « map travay pou lanmou men se pa lajan », avant d’ajouter avec amertume : « ou mande m si m touche 15 000 gourdes, m pase plizyè média nan kapital la mwen poko janm jwenn kòb sa nan yon radyo ».
La récente décision du gouvernement d’ajuster le salaire minimum dans plusieurs secteurs relance une question importante : pourquoi les journalistes sont-ils toujours exclus de ces mesures ? Ceux qui informent la population, couvrent les manifestations et dénoncent les injustices méritent eux aussi des conditions de travail plus humaines.
Sans une véritable reconnaissance économique et sociale du métier, le journalisme haïtien continuera de s’enfoncer dans la précarité.
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