
À Delmas, un document émis par la Bibliothèque municipale de Delmas (BMD) suscite l’indignation. Une facture proforma fixée en dollars américains pour la location d’un espace public et de matériels essentiels soulève de sérieuses interrogations sur la gestion des institutions publiques et la normalisation d’une économie parallèle au sein même des services de l’État.
Dans un pays où la gourde est la monnaie officielle, voir une institution publique fixer ses tarifs en dollars américains interroge profondément sur la cohérence administrative et le respect des règles de base de la gestion publique. La proforma BMD-PRO 2026-012, datée du 11 mai 2026, exige un montant total de 3 700 USD pour la mise à disposition de la cour extérieure de la bibliothèque, incluant chaises, tables, tente et système de sonorisation. Une pratique qui donne l’impression d’une privatisation progressive des espaces publics, pourtant censés rester accessibles à la population.
Plus choquant encore, l’exigence d’un paiement intégral avant même la tenue de l’activité, directement à la caisse de l’institution, soulève des préoccupations sur les mécanismes de transparence et de contrôle financier. Dans un contexte où les institutions publiques sont censées faciliter l’accès aux services communautaires et éducatifs, cette logique commerciale semble transformer un espace de service public en simple lieu de transaction, au détriment de sa mission sociale.
Cette situation illustre un malaise plus large : la banalisation de la dollarisation dans les pratiques administratives en Haïti et l’érosion progressive de l’autorité de l’État sur ses propres structures. Au-delà du cas de la BMD, c’est toute la question de la gouvernance des institutions publiques qui est posée, dans un contexte où les citoyens attendent des services accessibles, transparents et alignés sur les normes nationales.
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