Fête du Drapeau : l’État abandonne une fois de plus Arcahaie pour Cap-Haïtien
À quelques jours du 222e anniversaire du drapeau haïtien, l’État haïtien opte pour une célébration « décentralisée » à Cap-Haïtien. Une formule diplomatique pour éviter de dire tout haut que ni la Cité du Drapeau (Arcahaie), ni la capitale (Port-au-Prince) ne peuvent accueillir les festivités en raison de l’insécurité rampante.
Ce choix géographique révèle une réalité embarrassante, laquelle traduit que le gouvernement ne maîtrise plus ses espaces symboliques. L’Arcahaie, autrefois haut lieu de mémoire et de rassemblement, est désormais reléguée au rang de ville fantôme dans le calendrier officiel. Quant à Port-au-Prince, la capitale demeure sous la menace constante de la violence armée, ce qui rend toute organisation civique périlleuse.
L’annonce a été faite dans le cadre de la huitième édition des Mardis de la Nation, organisée le 13 mai par le gouvernement. C’était l’occasion pour le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales de présenter leurs activités prévues à l’approche de la fête du drapeau, qui se déroulera sur le thème “Yon sèl drapo, yon sèl pèp, yon sèl nasyon”.
La ministre Niola Lynn Sarah Devalis Octavius a présenté plusieurs annonces en marge de la fête nationale, notamment la création d’une commission contre la violence dans le sport et l’instauration d’une Journée nationale de l’activité physique. Des mesures positives sur le papier, mais qui peinent à masquer l’échec fondamental, à savoir que l’État ne parvient plus à incarner l’unité dans les lieux censés en être les piliers.
Le 18 mai devait être un moment de fierté collective et de rassemblement républicain. Il devient un indicateur du repli du pouvoir central et de la redéfinition forcée de l’espace national par les logiques de peur.
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