« Haïti est à un point de non-retour » : l’ONU exhorte la communauté internationale à agir d’urgence
Dans une déclaration poignante au Conseil de sécurité de l’ONU, le 21 avril, la Représentante spéciale du Secrétaire général en Haïti, Maria Isabel Salvador, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la crise sécuritaire qui frappe Haïti. Elle appelle la communauté internationale à accroître sans délai son soutien au pays, faute de quoi Haïti pourrait sombrer dans le chaos total.

« Nous approchons d’un point de non-retour dans la crise haïtienne », a déclaré la cheffe du BINUH, soulignant que l’intensification de la violence armée dans plusieurs régions du pays dépasse désormais les capacités des forces de sécurité haïtiennes, malgré l’appui de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) dirigée par le Kenya.
Depuis fin janvier, les gangs ont lancé des attaques coordonnées sur plusieurs fronts, notamment à Kenscoff, Delmas, Pétion-Ville, ainsi qu’à Mirebalais, où plus de 500 détenus ont été libérés lors d’un énième assaut contre les institutions. En février et mars seulement, plus de 1 086 personnes ont été tuées et 60 000 déplacées, selon l’OIM.
Face à cette situation, Salvador estime que tout effort du gouvernement haïtien ne suffira pas pour réduire significativement l’intensité et la violence des groupes criminels, sans assistance internationale rapide, décisive et concrète.
La violence a paralysé les services de base. Au moins 39 centres de santé et plus de 900 écoles ont été fermés dans la capitale. Le choléra et les violences basées sur le genre se multiplient dans les sites de déplacement.
Malgré le chaos, le Conseil présidentiel de transition, dirigé par Fritz Jean, a réaffirmé son engagement à organiser des élections d’ici février 2026. Des consultations pour une réforme constitutionnelle et un nouveau calendrier électoral sont en cours. Le PNUD, de son côté, a restructuré son programme d’appui électoral. Mais pour Salvador, les progrès politiques restent fragiles, car restaurer la sécurité est indispensable pour sortir de ce cycle de transitions successives et retrouver des institutions démocratiquement élues.
« Haïti a atteint un moment charnière », a conclu Maria Isabel Salvador. « Tout retard dans votre soutien pourrait être directement à l’origine d’une détérioration dramatique de la situation. »
Dans un contexte où l’État s’effondre sous la pression des gangs, l’appel de l’ONU est clair : il faut agir maintenant, ou risquer de perdre Haïti pour de bon.
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