Sergueï Lavrov en République dominicaine pour inaugurer la première ambassade russe
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, est arrivé mardi soir en République dominicaine, marquant une étape majeure dans les relations bilatérales entre Moscou et Saint-Domingue. Cette visite officielle s’inscrit dans le cadre de l’inauguration de la toute première ambassade de la Fédération de Russie sur le territoire dominicain.

Elle coïncide avec le 80e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’ex-Union soviétique et la République dominicaine, amorcées en mars 1945, selon Listin Diario. Malgré cette ancienneté, les liens entre les deux pays sont longtemps restés limités, sans accords majeurs ni présence diplomatique permanente de part et d’autre.
Ce n’est qu’en 1991 que les deux États ont décidé de nommer des ambassadeurs. La République dominicaine a ouvert sa représentation à Moscou en 2006, tandis que la Russie, jusqu’à récemment, couvrait Saint-Domingue depuis son ambassade à Caracas, au Venezuela.
Mercredi matin, Lavrov doit s’entretenir avec le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, au siège de la chancellerie. Il est également attendu au Palais national pour une rencontre avec le président Luis Abinader.
L’ouverture de cette mission diplomatique s’inscrit dans une stratégie plus large du Kremlin visant à renforcer sa présence dans les Caraïbes et en Amérique latine, dans un contexte de tensions croissantes avec les pays occidentaux.
Ce rapprochement entre Moscou et Saint-Domingue n’est pas sans rappeler des démarches similaires envisagées dans d’autres pays de la région, notamment en Haïti. Sous la présidence de Jovenel Moïse, les autorités russes avaient exprimé leur volonté d’aider Haïti dans sa lutte contre l’insécurité. L’idée d’établir une représentation officielle ou de renforcer la coopération bilatérale avait alors été évoquée.
Le président d’alors avait toutefois préféré s’appuyer sur ses alliés traditionnels plutôt que de donner suite à l’offre de Moscou. Ces initiatives sont donc restées sans suite.
Elles pourraient néanmoins être relancées à l’avenir, alors que le pays cherche un appui international pour faire face à la violence armée et organiser des élections. Mais une question demeure pour de nombreux observateurs : lequel des membres du Conseil présidentiel de transition prendra l’initiative de raviver ces pistes diplomatiques ?
Aujourd’hui, la situation en Haïti contraste nettement avec celle de son voisin. Tandis que la République dominicaine affirme sa stature diplomatique dans la région, Haïti reste largement en marge des dynamiques internationales, affaibli par une crise multiforme et une gouvernance de transition depuis la mort de Jovenel Moïse.
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