Le GARR exige justice pour Natacha Désir et son bébé, morts en maternité en République dominicaine
Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) exige dans un communiqué une enquête approfondie après la mort de Natacha Désir, une migrante haïtienne de 35 ans, et de son bébé, survenue le 30 juillet 2025 à l’Hôpital municipal de Verón, en République dominicaine. Selon les témoignages de son mari, Yonel Désir, les circonstances de l’accouchement sont marquées par des zones d’ombre et une absence de transparence médicale.

Le GARR dénonce une négligence grave et appelle à faire toute la lumière sur ce drame, qu’il considère comme symptomatique d’un système de soins discriminatoire envers les femmes haïtiennes migrantes.
Ce drame s’inscrit dans une série de cas tragiques touchant des femmes haïtiennes enceintes en République dominicaine. Le GARR rappelle notamment la mort de Lourdia Joseph, décédée chez elle le 9 mai 2025, faute d’avoir pu accéder à un hôpital sans craindre d’être arrêtée ou séparée de son enfant.
Depuis l’adoption de mesures ciblant les femmes haïtiennes enceintes en avril 2025, la peur et le rejet ont remplacé l’accès aux soins, mettant en péril des vies déjà fragilisées par l’exil.
Le communiqué du 4 août du GARR dénonce une politique migratoire inhumaine, où l’accès aux soins semble conditionné par l’origine, le statut migratoire ou la couleur de peau. Le traitement réservé à Natacha Désir soulève une question cruciale : aurait-elle été mieux prise en charge si elle avait été dominicaine ?
Le silence et l’opacité qui entourent sa mort et celle de son bébé révèlent une forme de négligence institutionnalisée, que le GARR refuse de banaliser. Il exige que les autorités dominicaines et les instances internationales des droits humains mènent une enquête rigoureuse et indépendante. Il ne s’agit pas seulement d’un cas médical, mais d’un enjeu de justice et de dignité humaine.
Le GARR appelle à ce que les responsabilités soient établies et que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité des migrantes haïtiennes dans les établissements de santé dominicains.
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