POLITIQUE
L’indépendance du CEP est une ligne rouge que l’Exécutif ne devrait pas franchir, Selon Sterline Civil
Selon Sterline Civil, responsable du LKV, les rares institutions qui tenaient encore debout en Haïti perdent leur substance, l'une après l'autre. Elles sont tolérées, mais neutralisées, utilisées comme des outils, réduites à de simples décors entre les mains d'acteurs qui ne mesurent ni leur importance ni leur urgence.

« Ce n’est pas un accident », écrit-elle. « C’est une logique de prise de contrôle. »
Une ligne que l’on ne devrait jamais franchir
Pour Sterline Civil, l’indépendance du CEP est l’une de ces lignes qu’un pays ne devrait jamais franchir. Lorsque l’Exécutif s’arroge le droit d’organiser, de nommer et de contrôler ce qui ne lui appartient pas, il ne commet pas une erreur de jugement. Il capte le pouvoir.
Et lorsque ceux qui devraient résister choisissent de s’aligner, ce n’est pas un compromis, selon elle. C’est une capitulation choisie.
Ce qui alarme davantage l’analyste, c’est le glissement silencieux qui s’opère. Dans quelques jours, prédit-elle, on verra l’inacceptable dénoncé, puis validé. Comme si le principe n’avait jamais eu de valeur. Comme si la violation pouvait s’effacer dans le silence.
« Ce sont les repères qui disparaissent, ce qui était illégitime devient normal, et un peuple qui apprend, jour après jour, à courber davantage la tête », écrit Sterline Civil.
Elle termine sur une question qui vaut avertissement : quel sens cela a-t-il de défendre des principes si leurs gardiens les abandonnent à la première occasion ? Quel sens cela a-t-il de croire en des institutions qui plient avant même de tenir ?
« Quand on s’habitue à l’inacceptable, on finit par oublier ce qui mérite d’être défendu. »
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