Violences en Haïti: Les femmes et les enfants pris au piège de la guerre des gangs
Entre janvier et mars 2025, le chaos qui secoue Haïti a plongé les femmes et les enfants dans un enfer quotidien. Un rapport publié le 30 avril par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) révèle que 333 femmes ont survécu à des violences sexuelles, dont 96 % à des viols collectifs. Près de 50 enfants ont été tués ou blessés dans des attaques, et d’autres ont été enrôlés de force dans les rangs des gangs.
Dans la grande majorité des cas, les violences sexuelles ont été commises par des membres de groupes armés opérant dans les quartiers populaires, souvent sous la menace et dans une impunité totale. Les victimes, livrées à elles-mêmes, n’ont que très peu de recours judiciaires ou médicaux.
Dans le département de l’Artibonite, les enlèvements ont connu une flambée sans précédent, concentrant à eux seuls 63 % des cas recensés à l’échelle nationale. Ce territoire agricole, autrefois paisible, est désormais ravagé par l’expansion des réseaux criminels.
Face à cette situation, les autorités haïtiennes ont initié plusieurs actions, dont la création de pôles judiciaires spécialisés pour traiter les crimes de masse, les violences sexuelles et les délits financiers. Plus d’une centaine de cas de viol sont actuellement entre les mains de juges d’instruction. Pourtant, la lenteur des procédures, le manque de moyens et la peur des représailles continuent de freiner les avancées.
Le premier trimestre 2025 s’achève sur un constat préoccupant, selon BINUH. Les plus vulnérables paient un lourd tribut, dans un pays où l’impunité règne et où l’accès à la justice reste un défi quotidien.
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