Paris et Londres menacent de sanctions contre ceux qui veulent aggraver la crise en Haïti
Dans une déclaration conjointe, la France et le Royaume-Uni ont exprimé le mercredi 16 avril, leur volonté de rester aux côtés d’Haïti, en annonçant d’éventuelles sanctions contre ceux qui tentent de plonger davantage le pays dans une crise politique et une insécurité généralisée sans précédent.

Les deux puissances expriment leur vive préoccupation alors que des informations laissent entendre que certaines figures politiques haïtiennes envisageraient de s’allier à des groupes criminels armés qui attaquent la population dans le but de faire tomber le Conseil présidentiel de transition, lequel peine à rétablir l’ordre et la sécurité.
« Nous sommes déterminés à maintenir la pression sur ceux qui cherchent à déstabiliser Haïti, en adoptant des sanctions, et nous appelons les autorités à mettre pleinement en œuvre le régime de sanctions en Haïti », peut-on lire dans la déclaration publiée sur le site du gouvernement français.
Alors que le pays s’enfonce sous le poids de la violence, la France et le Royaume-Uni réaffirment leur soutien à la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ainsi qu’à la Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti, menée par le Kenya, qui accompagne le Conseil présidentiel de transition et la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les bandes armées.
Selon les deux gouvernements occidentaux, les efforts pour restaurer la stabilité sont indispensables au rétablissement des institutions démocratiques et de l’État de droit en Haïti.
Mais alors que l’aide internationale commence à se déployer, la population haïtienne continue de fuir ses maisons sous les balles des bandits. La situation sécuritaire reste extrêmement précaire, même après l’arrivée en Haïti des premiers membres de la mission multinationale, composée d’environ un millier d’agents issus de six pays.
De son côté, la Police nationale d’Haïti semble dépassée par les événements, incapable d’anticiper les modes opératoires des gangs, selon les déclarations de ses porte-parole.
Intervenant sur les ondes de Radio Caraïbes, le principal porte-parole de l’institution, Michel-Ange Louis-Jeune, a reconnu que les gangs s’adaptent rapidement à la situation et que les policiers ne sont pas formés pour faire face à ce type de menace. Cette déclaration faisait suite à une attaque au cours de laquelle des gangs ont ouvert le feu depuis les hauteurs des maisons sur des passagers à Delmas 19 et 31.
Plus tôt cette semaine, le porte-parole adjoint a dressé le même constat, qualifiant les gangs de « bèt seren », capables d’escalader des montagnes et de traverser des ravines pour contourner les dispositifs de sécurité de la police.
Les deux porte-parole ont également souligné le manque d’équipements adaptés pour affronter les groupes armés. Louis-Jeune a plaidé pour l’acquisition d’hélicoptères d’intervention. « Depuis 1995, avons-nous jamais vu un hélicoptère avec l’emblème de la police dans le ciel haïtien ? », s’est-il interrogé.
C’est dans ce contexte alarmant que la France a réaffirmé son soutien aux autorités haïtiennes, après que le Sénat français a adopté une résolution en faveur de la restauration de la sécurité en Haïti. Selon le gouvernement français, le rétablissement de la sécurité en Haïti est une priorité absolue.
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